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Les critiques de Duartelittle

Les critiques de Duartelittle

Cinéma? Oui, surtout! Musique, séries TV, pièces de théâtre, comédies musicales, concert et autres spectacles? Aussi oui! En bien ou en mal, je “critique” tout (ou presque) ce que je vois. C’est subjectif et assumé, parfois décalé, souvent avec humour. Mon avis, mes goûts et mes couleurs, ça se discute… ou pas ;-)


Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Publié par Duarte Little sur 3 Février 2016, 15:34pm

Catégories : #Western, #Thriller, #Les8salopards, #Thehateful8, #Cinéma

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Mon avis en quelques mots:

UN TARANTINO DECEVANT SANS POUR AUTANT ETRE MAUVAIS.

 

Synopsis: Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…

 

Critique: Le Tarantino nouveau est arrivé! Et tout comme le beaujolais, certains crus sont moins bons que d'autres. C'est ici le cas pour le 8ème film de celui qu'on appelle le vilain petit canard d'Hollywood. Je ne suis pas un fan inconditionnel de Quentin Tarantino, je n'ai d'ailleurs pas vu tous ses 7 autres films, et à titre de comparaison je me limiterai donc à ceux que j'ai vu: "Reservoir dogs", "Kill Bill vol. 1 et 2", "Inglorious basterds" et "Django Unchained". Les 2 "Kill Bill" remportent de loin mon adhésion à tout point de vue: scénario, mise en scène, réalisation, originalité, découpage, flash-back, animation, influences, références... et j'en passe, deux vrais purs chef-d'oeuvre. Suit ensuite "Django unchained", western suprenant, genre qui ne m'attire pourtant pas au départ, mais par lequel je m'étais laissé tenter grâce à un(e) ami(e). Très bonne surprise qui mèle histoire et réalisation léchée, dans une quête aussi improbable qu'incroyable. Dans le même esprit historique, "Inglorious basterds" est juste bad-ass au possible et tout aussi captivant. Quant à "Reservoir dogs", ce petit film de gangster ne m'a pas passionné du tout: trop de bla-bla et peu d'action pour faire court.

 

Alors quand critiques et spectateurs se plaisent à comparer Les 8 salopards à ce dernier ("Reservioir dogs"), je comprends mieux la déception que celui-ci a été pour moi. Attention, entendons nous bien, Les 8 salopards n'est pas mauvais (ni bon, cela dis), mais c'est loin d'être ce que j'attendais d'un Tarantino. Ce que j'attends d'un Tarantino, c'est ce que j'ai découvert dans ces films les plus récents, précédemment cités, attendant logiquement une continuité dans le style et pas une sorte de retro-pédalage vintage. Alors pointons méchamment du doigt les défauts du film, avant d'en faire ressortir, malgré tout, les aspects positifs.

 

Défaut majeur: 3 heures... 3 PUTAINS DE LONGUES HEURES!!!!! 3 heures c'est long, et quand on sait à posteriori que ce qu'on attendait c'est le moment où il y a de l'action (qui tarde à venir), ça fait trèèèèèèès long comme attente. Parce que oui, l'autre gros défaut, c'est qu'il y a beaucoup, beaucoup de bla-bla. Film politique et personnel, Tarantino nous sert une tournée de joutes verbales (fort bien écrites et jouées au demeurant), sur fond de racisme et de guerre de sécession. Certains de ces dialogues sont inhérents et utiles à l'intrigue... mais pas tous, certains sont anecdotiques et absolument hors-sujet, et donc pas indispensables. Voilà pour les défauts. Alors ça semble peu de choses pour descendre un film, mais ça suffit à en rendre le visonnage long et fastidieux, à naviguer entre ennui et frustration pour finir sur de la déception pour un film qu'on ne peut néanmoins pas qualifier de mauvais.

 

Cependant, dans la réalisation et la mise en scène, on retrouve bien le style tarantinesque: un découpage en chapitres façon "Kill Bill", le générique du début façon vieux film d'époque, une musique signée Ennio Morricone, des scènes (trop rares) décalées, notamment celle du secret de Daisy, l'overdose d'hémoglobine et la violence trash et surréaliste propre au style du réalisateur. Dans ce huis-clos infernal, une pléiade d'acteurs se donne la réplique, et le jeu des faux-semblants et des stratégies se met en place petit à petit. Car comme l'indique le titre, il n'y a pas de bons ou de méchants dans l'histoire, il n'y a que des salopards avec chacun un cadavre dans le placard (ou dans la diligence). Tout le monde se méfie de tout le monde, personne n'est digne de foi, et chacun est potentiellement un ennemi en puissance. C'est ainsi que Tarantino installe ses pions, et prend malheureusement beaucoup de temps pour le faire avant que ne soit tiré la première balle. Néanmoins l'intrigue est très bien amenée, savamment ficelée, et le western tourne progressivement au thriller. Le cadre du huis-clos dans cette auberge perdue au fond d'un desert enneigé est peut-être le plus gros handicap que le réal s'est imposé et qui le limite dans la mesure et démesure du talent qu'on lui connait et que l'on a pu admirer dans ses autres films. Alors même si le cadre hivernal est sompteux à l'extérieur et en harmonie totale avec l'ambiance glaciale qu'il y a à l'intérieur de la cabane, il y a comme une réserve, un frein, qui semble empêcher toute l'irrévérence, l'originalité et l'imagination de Tarantino de s'exprimer.

 

Casting: Celui-ci aussi sauve le film du naufrage. Faisons tout de suite un petit tour d'horizon des acteurs talentueux qui incarnent ces salopards.

Salopard n°1: Et le 1er est une première! Dans le rôle de Daisy Domergue dite "La prisonnière", on retrouve Jennifer Jason Leigh. L'actrice est juste aussi bad-ass que possible dans ce rôle de prisonnière. Elle trouve toujours le moyen de la ramener, même si pour ça elle prend des coups (dans le nez, dans l'oeil... peu importe) et reçoit toutes sortes de projections (je n'entrerais pas dans les détails), et elle trouve malgré tout le moyen de rester cynique et défiante jusqu'à sa scène finale. Chapeau bas, oscar, golden globe... donner lui quelquechose qui brille et qui ressemble à une statuette, elle le vaut bien.

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°2: Dans le rôle de John Ruth, dit "Le bourreau", on retrouve Kurt Russell. Le Cash de "Tango & Cash" en a fait du chemin depuis. Et pour sa 2éme collaboration avec Tarantino, après "Boulevard de la mort", l'acteur met des mandales à tour de bras, surtout à sa prisonnière, et se méfie de tout le monde. La confiance qu'il accorde ne l'est qu'à la condition de garder son flingue pointé sur cette personne, ça met l'ambiance. Un jeu à la fois sobre et convaincant qui n'a d'égal que le nombre de coups qu'il met à Daisy (nombreux au demeurant)

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°3: Après "Pulp Fiction", "Jackie Brown" et "Django Unchained", Samuel L. Jackson rempile une 4ème fois pour Tarantino dans le rôle du Commandant Warren dit "Le chasseur de primes". Celui qui est aussi à l'aise dans l'intégrale cuir du Nick Fury de l'univers cinématographique Marvel que dans les haillons d'un Maître Jedi dans le dernière trilogie "Star wars" enfile ici sa tenue d'hiver pour nous interpréter un chasseur de primes autrefois chassé. Au moins aussi méfiant que "Le bourreau", mais plus stratégique que ce dernier, le noir use de sa matière grise dans cet enfer blanc pour déméler le vrai du faux. Point central de la morale anti-racisme du film, l'acteur donne à son personnage toute la force, l'envergure et l'éloquence des plus grands dans un rôle taillé pour lui, du haut de ses tirades dignes de ses tirades dans "Pulp fiction" (oui, ok, je l'ai pas vu en entier, mais j'en connais certaines scènes). 

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°4: Dans le rôle de Chris Mannix dit "Le shérif", on retrouve l'acteur Walton Goggins. Ce dernier, plus habitué au petit qu'au grand écran, en est néanmoins à son 2ème film avec QT après "Django unchained". Aussi volubile que Samuel L. Jackson pour ce qui est de la joute verbale, celui-ci n'est pas en reste quand il s'agit de débiter du verbe à la chaine. Avec son accent machouillé de cowboy, chacune de ses interventions est d'un lyrisme incroyable et d'un charisme décalé mais étonnant. 

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°5: Celui dont les apparitions au cinéma n'ont d'égales que celles qu'il fait pour QT ("Reservoir dogs" et "Kill Bill vol.2"), Michael Madsen reprend du service pour celui-ci dans le rôle de Joe Gage dit "Le cow-boy". Penaud et fourbe, c'est un peu la force tranquille du film. Pas violent au premier abord, mais pas à l'abri de nous surprendre non plus, les rôles qu'il incarne pour QT sont assez similaires, sans être ennuyeux pour autant d'un film à l'autre. En somme, un jeu d'acteur tout en sobriété et en efficacité.

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°6: Dans le rôle d'Oswaldo Mobray dit "Le court-sur-pattes", on retrouve Tim Roth. Ayant joué dans "Reservoir dogs" et "Pulp fiction", lui non plus n'en est pas à sa première collaboration avec Tarantino. Dans un style distingué, limite british, il joue son personnage tout en nuances et délicatesse. Pacifique en apparence, il a pourtant autant de vilaines choses à cacher que chacun de ses comparses.

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°7: Dans le rôle de Bob dit "Le mexicain", on retrouve... un mexicain pardi, Demian Bichir. Dans un jeu discret et sans extravagance, l'acteur compose une partition simplement honorable dans le rôle d'un salopard à qui QT n'a visiblement pas chercher à donner plus d'envergure et de profondeur que celui qui est là pour tenir l'auberge en l'absence de sa propriétaire. Un rôle pour ainsi dire annexe, joué avec simplicité.

Cinéma: Les huit salopards - 5/10

Salopard n°8: Dans le rôle du Général Sandy Smithers dit "Le confédéré", on retrouve l'acteur Bruce Dern, un habitué des westerns dans les années 60 et 70, et dont le dernier en date est... "Django Unchained". A croire que Tarantino ne travaille qu'avec ses habitués, c'est à se demander comment Uma Thurman n'a pas eu le rôle féminin. Bref, pour autant, QT offre ici à l'acteur un rôle bien reposant (assis tout au long du film), ce qui ne l'empêche d'avoir la gachette facile en temps voulu. Vieillard mais pas sénil, son rôle est loin d'être anodin.

 

Bilan: Apprécié en demi-teinte, conspué par certains, adoubé par d'autres, ce 8ème film de Tarantino aura pour moi le goût amère d'une déception relative. Le film n'est pas mauvais mais ne correspond pas à ce qu'on attend, à ce que moi j'attend d'un Tarantino. Alors oui, la réalisation et la mise en scène sont au top, les dialogues très bien écrits, le jeu d'acteur est formidable, et beaucoup de choses prennent leur sens petit à petit dans ce huis-clos oppressant... mais 3h c'est long, bien trop long, pour au final avoir aussi peu d'action. QT se cherche et cherche à se renouveler au risque de perdre certains habitués au passage... dommage.

 

Ma note: 5/10 Moyen

 

Film de Quentin Tarantino

Avec Jennifer Jason Leigh, Kurt Russell, Samuel L. Jackson, Walton Goggins, Michael Madsen, Tim Roth, Demian Bichir, Bruce Dern

Sortie le 6 Janvier 2016

 

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Cinéma: Les huit salopards - 5/10

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Amanda 29/11/2016 15:10

J’ai voulu regarder ce film, car j’avais envie changer de registre. Je l’ai visionné sur l’application https://itunes.apple.com/fr/app/playvod-max-films-en-streaming/id1024490133?mt=8 , car elle permet de voir des vidéos en streaming. Alors, ce long-métrage vaut le détour, les acteurs sont ok, l’intrigue nous tient en haleine et je ne me suis pas ennuyée. Pour ma part, c’est l’essentiel ! Ma note : 7/10.

Duarte Little 02/12/2016 23:16

J'avoue que pour certains genres ou réalisateurs, je suis exigeant, surtout quand comme moi on peut voir jusqu'à 10 films par mois au ciné.
C'est le cas pour Tarantino, où j'attendais peut-être quelque chose du niveau de "Kill Bill", que j'ai adoré.
Merci de partager ta notation

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